Parachutisme
L'évolution du parachute au cours du temps
Sommaire

1/ La création du parachute
2/ Le parachutisme au début du XXème siècle
3/Le parachutisme durant la Première Guerre Mondiale
4/ Le parachutisme durant l'entre-deux-guerres
5/ Le parachutisme durant la seconde Guerre Mondiale
6/ Le parachutisme de l'après-guerre à nos jours

La création du parachute

Les premiers sauts furent effectués durant l'Antiquité. En effet, la culture chinoise en mentionne à partir d'une tour, freiné à l'aide de dispositifs ressemblants au parachute (cerf-volant, toile soutenue par des armatures, etc…). Mais la première ébauche de parachute fut dessiné par Léonard de Vinci (1452-1519) vers 1500. Elle fut testée après quelques modifications le 26 avril 2008. Ce parachute était fait d'une toile pyramidale et mesurait environ sept mètres de haut sur sept mètres de large. Il n'y avait pas encore de harnais (qui fut rajouté dans le parachute testé récemment).


Ebauche de parachute dessinée par Léonard de Vinci en 1500                                                   Parachute Léonard de Vinci teste en 2008
En 1595, Faust Vrančić, un croate publia un livre machinae Novae avec une quarantaine d'images représentant des machines futuristes. Parmi ces plans, il en dessina un nommé Homo Volans qui illustre un homme sautant d’une tour avec un appareil ressemblant au parachute. Homo volans parachutisme
Mais l'histoire du parachute n'a pu véritablement commencer qu'à partir du développement d'aéronefs fonctionnels : la montgolfière tout d'abord (inventée par les frères Montgolfier en 1782), puis les avions beaucoup plus tard ; cela permettant de sauter depuis ces derniers.

Ainsi, Louis-Sébastien Lenormand inventa le terme "parachute", à partir du mot "parasol" pour désigner l'engin (muni de fortes armatures en bois), qu'il utilisa pour sauter de l'observatoire de Montpellier le 26 décembre 1783 après l’avoir testé sur des animaux. La fonction initiale de son invention était de sauver les gens lors des incendies d’immeubles.Parachute Lenormand
Puis, Jean Pierre Blanchard et André Jacques Garnerin, innovèrent en présentant simultanément et séparément un parachute composé seulement de toile. 

Jean Pierre Blanchard Parachutisme                                                    Parachute d'André J Garnerin

André Jacques Garnerin effectuera alors le premier véritable saut de l’histoire du parachute s'élançant avec succès le 22 octobre 1797 depuis un ballon à 680 mètres au-dessus du parc Monceau à Paris. Son parachute initial, comme l'engin de Lenormand, oscillait dangereusement. Il résolu alors partiellement ce problème grâce à l'invention de la tuyère centrale.

Puis son élève et sa future épouse Jeanne Geneviève Labrosse (1775-1847) sera la première femme parachutiste sautant le 12 octobre 1799.

Saut d'André Jaques Garnerin le 22 octobre 1797                                                          Caricature parachutisme

En 1808, Judaki Kuparento, un polonais, effectua le premier saut en parachute comme moyen de survie depuis son ballon en feu au dessus de Warsaw.

En 1837, survient le premier accident de parachute où Roberto Cocking, sautant de 1500 mètres avec un parachute de son invention décède. Le parachute était en forme de cône inversé, muni d’une armature en bois intérieure, destiné à stopper toutes les oscillations mais celui-ci, trop petit tomba trop vite et Cocking mourut.

Cocking parachute

En 1885, Thomas Scott Balwing inventa le harnais. Le parachute est désormais quasiment achevé. En effet, les modifications qui suivront au cours du temps ne modifieront pas son concept général.

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Le parachutisme au début du XXème siècle

Au début du XXème siècle, le parachute sera surtout utilisé comme dispositif de sécurité pour évacuer en vol un aéronef en perdition. 

Ainsi, le 1er mars 1912 a lieu le premier saut en parachute depuis un avion, effectué par un américain, Alber Berry au-dessus de Saint-Louis dans le Missouri. Son parachute, lourd et encombrant s'accrocha au train d'atterrissage de son avion mais par chance, il atterrit vivant.

Le 19 août 1913, ce fut le Français Adolphe Pégoud qui sauta à 200 mètres du sol de son avion Blériot sacrifié pour l'occasion au-dessus de l'aérodrome de Châteaufort dans les Yveline. Heurtant l'empennage de son avion, il se fractura l'épaule et termina sa chute dans un arbre.

Adolphe Pégoud                                            Parachutage depuis un avion

En février 1914, à Juvisy, Jean Ors sauta en parachute depuis un Deperdussin et atterrit sain et sauf.

Parachutisme Ors
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Le parachutisme durant la Première Guerre Mondiale

Au début de la Première Guerre mondiale, l'aérostation française est très limitée. Les ballons sphériques sont peu performants et les treuils à vapeur lents et poussifs. En quelques mois le retard est rattrapé au cours de l'année 1915. De nouveaux matériaux sont mis au point et on commence à songer à l’utilisation du parachute.

En effet, lors de l'offensive d'automne en Champagne du général Joffre, l'aérostation perd plusieurs ballons. Le commandement demande alors au centre de Chalais-Meudon de trouver une parade. On pense tout de suite à armer la nacelle mais deux officiers de l'aérostation, le lieutenant Jumesch, et le capitaine Letourneur, proposent d’utiliser le parachute.

Joseph Joffre                                Chalais Meudon Parachute

Jumesch, ancien pilote de dirigeable confectionne alors rapidement un parachute qu'il teste à l'aide de charges de 80 kg.
Puis son prototype est essayé par Constant Duclos, un fusilier marin qui effectue le 17 novembre 1915 le premier saut en parachute de l'histoire militaire française.

En décembre 1915, le parachute est homologué ; la construction en série est alors entamée.
Duclos est ensuite envoyé en zone armée afin de convaincre les aérostiers d'utiliser ce nouvel outil. Il effectuera alors vingt-trois descentes en parachute, établissant ainsi le record du plus grand nombre de sauts de la Première Guerre mondiale.

Constant Duclos                                            Parachute 1915

Les premiers parachutes équipent les compagnies d'aérostiers au début de la bataille de Verdun, en février 1916. 

Le 16 mars, le lieutenant Levasseur d'Hierville, observateur à la 68ème compagnie, ascensionne en ballon d’observation.
Ce dernier se trouve à 1 100 mètres, lorsqu'un avion français, volant à basse altitude, heurte le câble qui se rompt.

Levasseur décide de sauter, récupérant le matériel confidentiel, carte, croquis, consignes. Sa descente dure alors quinze minutes et il se pose à 400 mètres des lignes allemandes se réfugiant ensuite dans la maison du garde barrière pour échapper aux tirs ennemis. Il devient ainsi le premier parachutiste français à avoir effectué un saut devant l'ennemi.

D’autres pays tel que l’Allemagne équiperont peu à peu leurs ballons d’observation de parachute afin de prévenir les accidents

Explosion ballon parachute                                        Allemand sautant d'un ballon

En 1917, un mécanicien Allemand, Otto Heinicke, met au point un parachute porté dans un coussin sous le siège du pilote de l’avion. Ce système connu alors un grand succès, et beaucoup de pilotes de la Seconde Guerre Mondiale l’utilisèrent par la suite.Parachute Heinicke Cushion

Au cours des batailles de Verdun et de la Somme, un certain nombre d'avions ravitaillent les Poilus par parachute en vivres, tabac et journaux.

En 1918, le ravitaillement par air en vivres, armes et munitions est officiellement décidé.

Ainsi certains bataillons, encerclés par les Allemands parviennent à briser leur isolement. D'autres opérations de largage de vivres et de munitions avec parachutes se sont déroulées en Flandre en fin 1918.

Le parachute commence ensuite à être utilisé par les services de renseignement afin d'introduire des agents dans les lignes ennemies, évitant aux pilotes de périlleux atterrissages nocturnes. Les premiers agents largués en parachute sont trois lieutenants italiens, fin 1918, sautant sur la Vénétie afin d’en préparer l’offensive. Ils rapporteront les renseignements par pigeons voyageurs et recevront tous trois la médaille d’Or de la Valeur Militaire ayant contribué à la victoire de Vittorio Veneto.

Les aérostiers allemands utilisèrent aussi le parachute durant la fin de la guerre, ce qui sauva la vie à de nombreux pilotes dont Hermann Göring (aviateur durant la guerre qui deviendra plus tard un homme politique nazi très important).Hermann Goering

Globalement, le parachute ne fut quasiment pas utilisé jusqu’en 1918 par les aérostiers sauf à Verdun, en février 1916, par quelques divisions françaises. Bien qu’assez sûr et performant pour être intégrer au matériel de l’aérostier, il était, d’un poids considérable pour certains appareils de l'époque, légers et de faible puissance. De plus certains États Major avaient peur que les aérostiers n’abandonnent un peu trop vite leurs avions en cas de problèmes ou sautent en parachute au lieu de se battre durant les missions périlleuses.

Avion 1914-1918              Avion allemand en perdition

Le parachute équipa tout de même un grand nombre de ballons d’observation et on dénombre de 1916 à 1918, 157 descentes effectuées par des aérostiers et observateurs français. Mais ceci n’est rien sur les 200 000 pilotes Français, Italiens, Anglais, Américains, Allemands et Russes morts durant cette guerre dont 25 % auraient pu être probablement sauvés s’ils avaient été munis d’un parachute.

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Le parachutisme durant l'entre-deux-guerres

Vers 1920, le parachute s’améliora offrant une plus grande maîtrise du vol.

Vers 1930, on pensa à équiper les avions de parachutes eux aussi. Cela fonctionna mais les appareils, prenant du poids, ce système ne fut pas appliqué dans l'armée de l'Air mais simplement à titre expérimental.
En France, l'Armée de l'Air commença réellement à donner une place importante au parachutisme à partir de 1937.

Parachute adapté à un avion                              Parachute adapté aux avions

Maintenant que le concept du parachute est établi, je vous propose de faire un petit point sur son fonctionnement en 1937.


Les différents organes du parachute


Dessin shématique d'un parachute en 1937La calotte est la toile de soie du parachute, formée de douze panneaux fixés entre eux par quatre tresses de soie parallèles au bord d'attaque du parachute.

Les bords de chaque panneau, renforcés par des lisières (similaire à des ourlets), forment des lèvres. Elles laissent donc passer un peu d'air à travers la calotte (par les ouvertures entre les panneaux) ce qui supprime la rotation du parachute durant la descente et diminue le choc qui se produisait à l'ouverture lorsque la calotte était entièrement cousue.

Les lisières prolongées de quarante centimètres au delà de la cheminée centrale de la calotte sont cousues ensemble.
A cette extrémité sont ménagées deux boucles.

A une de ces boucles est fixé un petit parachute (70 cm de diamètre) appelé parachute extracteur commandé par un puissant ressort lui permettant de sortir par ouverture commandée.

A l'autre boucle est suspendu un câble fixé par ailleurs au bas des suspentes. Il supporte un ou plusieurs cercles d'amorçage permettant l'extraction du parachute principal en bouchant lors de l'ouverture de la calotte la cheminée centrale.

Douze suspentes sont fixées au bord d'attaque (bord inférieur) de la calotte. Elles sont réunies en boucle pour l'attache à l'amortisseur de choc.

Ce dernier est composé de sangles disposées pour se déchirer en leur milieu. L'extrémité de chacune d'elle est attachée aux suspentes, l'autre à la ceinture du parachutiste. Il est destiné à amortir le choc lors de l'ouverture du parachute. Il est bien entendu qu'une autre sangle relie l'extremité des suspentes au parachutiste.

Le tout est plié dans un sac de toile fermés par deux rabats reliés par une ficelle. Ce sac est fixé au dos de l'homme par des bretelles et une ceinture.


La descente


Dès l'altitude de 250 mètres, l'homme peut sauter en toute sécurité hors de l'avion. Le parachute est alors déclenché soit automatiquement, soit manuellement.

En ouverture automatique, un câble fixé d'une part à l'avion, et de l'autre au parachute extracteur, libère celui-ci. L'air, dirigé sous la calotte par les cercles d'amorçage, l’empêchant de sortir par la cheminée centrale la déploie à son tour. Les suspentes se raidissent. A ce moment, les sangles de l'amortisseur de choc cèdent les unes après les autres, amortissant ainsi le choc de l'ouverture du parachute. La descente commence alors.

En ouverture commandée, il n'y a pas de câble d'extraction. Lorsqu'il le souhaite durant sa chute, le parachutiste actionne une poignée de déclenchement. Cette manœuvre tire un câble qui, par l'intermédiaire d'un couteau à guillotine, tranche la ficelle qui relie les deux rabats de toiles du sac. Aussitôt, le parachute extracteur projeté par son ressort se déploie, entraînant la calotte, et la descente se poursuit comme dans le cas d'une ouverture automatique.

Juste avant d'atterrir, le parachutiste lève les bras, empoigne les suspentes et opère une traction qui lui permet d'amortir quelque peu le choc avec le sol.

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Le parachutisme durant la Seconde Guerre Mondiale

En France, l'infanterie de l'Air fut créée en 1937, cependant la stratégie défensive choisie en 1940 ne permit pas leur utilisation durant la guerre, et les deux groupes d'infanterie de l'Air furent rapidement dissouts.

Au contraire, l'Allemagne saisit l’opportunité des progrès du parachutisme et employa ces troupes de chocs avant la France.

Pour sa part, l'Armée rouge fut la première à créer de grandes unités aéroportées dès les années 1930 et les utilisa massivement notamment pendant la contre-offensive d'hiver 1941 - 1942. Cependant, les parachutistes soviétiques, mal entraînés, se montrèrent relativement peu efficaces et les unités furent reconverties en infanterie par la suite.

La première grande opération aéroportée fut organisée en mai 1941 par les allemands qui s'emparèrent ainsi de la Crète. Cette opération mal préparée, causa de lourdes pertes allemandes qui modérèrent alors l'utilisation de ces troupes.Parachutistes lors de l'opération de Crète

La Résistance ainsi que certaines divisions employèrent également le parachutage d’armes, de vivres, de munitions et de petits véhicules par containers pour se faire ravitailler.

Parachutage de colis                           Code de couleur du parachutage de matériel
   Moto dans un contenair

A la fin de la guerre, les troupes parachutistes furent employées par les Alliés en Normandie et en Provence lors des débarquements et pour l'opération Market Garden. En tant que troupes légères, elles eurent pour objectif la prise de points stratégiques (ponts, nœuds routiers,...) et dans le cas des débarquements, elles eurent pour but de ralentir l'avance des renforts allemands.

Parachutistes américains lors du débarquement en Normandie le 6 juin 1944   Parachutistes Alliés lors de l'opération Market Garden au dessus des Pays-Bas en septembre 1944
Parachutistes Alliés lors du débarquement de Provence le 14 août 1945
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Le parachutisme de l'après-guerre à nos jours

Après la Seconde Guerre mondiale le parachutisme sportif commença à se développer. Utilisant au début les mêmes parachutes que l'armée, ceux-ci changèrent rapidement pour s'adapter à des pratiques et à un usage légèrement différent. 

En effet, les parachutistes militaires sont largués à faible altitude, avec un grand poids en matériel, et avec un dispositif d'ouverture automatique (sauf pour certains commandos) tandis que les sportifs se lancent à plus haute altitude, font des figures à plusieurs, commandent eux-mêmes l'ouverture du parachute, visent un point très précis etc... Celui-ci devint alors une discipline à part entière.

Dans les années 1980, pour une meilleure pratique du parachutisme sportif, le parachute classique commence à laisser la place à un parachute à voile rectangulaire.Parachute à voile rectangulaire

En 1959 et 1960, Joseph Kittinger effectua une série de quatre sauts. Le dernier saut, effectué le 16 août 1960, enregistra quatre records :

Joseph Kittinger                                       Saut de Kittinger en 1960 depuis son ballon

Depuis 1945, très peu de grandes opérations aéroportées eurent lieu du fait de la défense antiaérienne et du développement de la cavalerie en Europe qui réduisirent l'intérêt de grandes unités parachutistes sur ce continent. 

Elles furent, surtout utilisées dans l'armée française de façon intensive durant les guerres de décolonisation (guerre d'Indochine, guerre d'Algérie, campagne de Suez) mais ces opérations n'avaient pas l'envergure de celles de la Seconde Guerre Mondiale ; en effet, elles furent principalement employées comme infanterie de choc.

Parachutistes au sol lors de la bataille de Diên Biên Phu en 1954     Opératieron aéroportée lors de la gure d'Algérie (1964-1962)


Parachutistes lors de la campagne de Suez (1956-1957)

À partir des années 1960, les troupes aéroportées furent de plus en plus utilisées comme infanterie héliportée, tout d'abord dans l'armée française puis dans l'US Army durant la guerre du Viêt Nam.Parachutistes durant la guerre du Viêt Nam (1959-1975)

En 1978, le sauvetage de Kolwezi fut le dernier grand assaut parachuté effectué par les forces françaises.

En 2003, durant l'Opération libération de l'Irak, l'US Army effectua le plus grand parachutage d'assaut depuis la guerre d'Indochine avec la 173rd Airborne Brigade mais cette opération fut surtout une manœuvre de diversion.Parachutistes américains durant la guerre d'Irak (à partir de 2003)

En novembre 2004, le 8ème régiment parachutiste d'infanterie de marine fut envoyé au Kosovo en prévision des élections dans une optique de dissuasion.Parachutistes français lors de la guerre du Kosovo (1989-1999)

Aujourd'hui, tous les militaires ont des parachutes à forme circulaire, mis à par pour les commandos chargés de missions particulière (infiltration, observation,...) qui préfèrent le parachute en forme d’aile. Les parachutistes civils utilisent également ce dernier pour sa maniabilité, sa possibilité de mieux piloter l'engin, de contrôler sa vitesse horizontale ou verticale (on peut tomber comme une pierre puis se poser à vitesse quasiment nulle), ou de faire des figures (tonneaux et loopings).

Le principe de base du parachute est donc toujours resté le même mais les améliorations se sont portées au cours du temps sur les voilures, le système d'ouverture de ces dernières ainsi que sur l'équipement du parachutiste s'adaptant aux nouvelles technologies.
En effet, les parachutes étaient en soie ou coton pour les premiers et sont aujourd'hui en matériaux synthétiques, et les systèmes d’ouvertures et de rangements sont plus fiables et pratiques. De plus, le parachute de secours, inventé depuis peu, prévient désormais des accidents et on dispose d'appareils précis pour contrôler les conditions du saut.

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